Syrie : l’armée de Bachar al-Assad marche sur Alep au risque d’une « catastrophe humanitaire »

Bruno Rieth

En Syrie, l’armée du régime a lancé une grande offensive à Alep pour récupérer les quartiers est de la ville aux mains de la rébellion. La France parle d' »une catastrophe humanitaire » en cours. Entre les canons de Bachar, les bombes de Moscou et les kalachnikovs de la rébellion, il reste plus de 250 000 habitants coincés au milieu.

C’était une ville coupée en deux depuis 2012. A l’est, les quartiers tenus par la rébellion. A l’ouest, ceux de l’armée de Bachar al-Assad. Elle est aujourd’hui en passe d’être entièrement reprise par les forces loyalistes. Depuis maintenant deux semaines, Bachar al-Assad, qui a toujours fait d’Alep un enjeu majeur – la ville avant le début du soulèvement anti-régime était la capitale économique de la Syrie – a intensifié la pression et lancé une grande offensive au sol appuyée dans les airs par l’aviation russe. 

Les bombes moscovites se sont focalisées sur les hôpitaux, pour essouffler la rébellion. Mardi 29 novembre, Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, a évoqué « une catastrophe humanitaire » et a appelé à la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Depuis mardi dernier, l’intensité des combats a redoublé. Une nouvelle phase de conquête a débuté avec de nombreux bombardements qui visent particulièrement les dispositifs de soins », a témoigné le docteur Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du Monde, au Figaro.  Continuer la lecture

Migrants : un accès aux soins « alarmant » en Europe

 

JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS, La Croix  le 15/11/2016 à 12h25
Mis à jour le 15/11/2016 à 15h17
  • Médecins du monde et ses ONG partenaires ont analysé la situation sanitaire de plus de 30 000 patients reçus en consultation dans 12 pays en 2015. Les deux tiers d’entre eux n’ont pas accès à une couverture santé.

En 2015, le cap du million d’exilés échoués en Europe par la Méditerranée a été franchi. Aujourd’hui, ils n’ont plus à craindre la guerre et les persécutions, mais ils sont toujours exposés aux maladies, à en croire le dernier rapport du réseau international de Médecins du monde. Continuer la lecture

RAPPORT DE MDM : UNE PRÉCARITÉ TOUJOURS PLUS IMPORTANTE EN FRANCE

A l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, Médecins du Monde (MdM) a publié son 16e rapport annuel sur l’accès aux droits et aux soins des plus démunis en France. Comme d’habitude, hélas, il témoigne des « difficultés persistantes rencontrées par ces personnes pour accéder à leurs droits et se faire soigner ». Cette dénonciation des inégalités, MdM l’a fait depuis plus de trente ans, y apportant des solutions. Mais l’ONG a bien conscience que cela ne suffit pas et que le problème de ces inégalités persiste car les politiques publiques conduites « sont bien en-deçà des enjeux actuels ».

Structure modulable pour centre humanitaire

Avec l’espoir de faire cesser les campements sauvages, un centre humanitaire qui pourra héberger et orienter quatre cents migrants a ouvert à Paris.

Porte de la Chapelle à Paris, jeudi matin, a ouvert un centre humanitaire qui pourra accueillir et orienter quatre cents migrants. Avec l’objectif de mettre fin aux incessantes reconstitutions de campements indignes dans la capitale. C’est Emmaüs solidarités qui pilote la structure qui devrait accueillir chaque jour entre cinquante et quatre-vingts personnes, soit le nombre de migrants arrivant chaque jour à Paris. Continuer la lecture

Les mineurs isolés rencontrés par Médecins du monde cinq fois plus nombreux depuis 2010

Auteur  : Emmanuelle Chaudieu

« Rendu public jeudi 13 octobre, quelques jours avant la Journée mondiale du refus de la misère du 17 octobre, le 16e rapport annuel de Médecins du monde sur l’accès aux droits et aux soins des plus démunis en France témoigne à nouveau « des difficultés persistantes » rencontrées par les personnes en situation de grande précarité pour accéder à leurs droits et se faire soigner.

L’année 2015 « a été marquée en particulier par une crise migratoire sans précédent illustrant des conditions d’accueil inadaptées » et a connu « une multiplication des démantèlements de campements et autres bidonvilles, le plus souvent sans solution de relogement », rappelle l’association, dont le rapport est étayé par les données d’activités des 67 programmes qu’elle mène dans 34 villes françaises, en particulier dans ses 20 centres d’accueil de soins et d’orientation (CASO). En 2015, ces structures ont reçu 30 571 personnes, sachant que pour les trois quart d’entre elles, il s’agissait du premier contact avec l’association. La plupart (81,2 %) s’adressent au CASO pour un problème de santé, les autres « expriment une demande d’accompagnement social ou juridique ».

Des conditions de vie « très dégradées »

Le rapport dresse le profil sociodémographique et un état des conditions de vie des personnes accueillies : il s’agit majoritairement d’hommes (62 %), dont la moyenne d’âge est de 33 ans. Plus de 95 % de la file active est de nationalité étrangère (majoritairement d’Afrique subsaharienne, du Maghreb et de l’Union européenne), moins d’une personne sur 10 dispose d’un logement personnel, près de six sur 10 sont hébergées par de la famille, des amis ou une association, 9 % occupent un logement précaire et 20 % sont sans domicile fixe. Enfin, 97 % vivent sous le seuil de pauvreté. A noter que parmi les patients accueillis en 2015, 12,7 % étaient des mineurs, dont près de la moitié âgés de moins de 7 ans. Les conditions de logement de ce public « sont très dégradées » (20 % vivent dans un squat ou un campement et 21 % sont sans domicile fixe), souligne MDM et « 16 % de ces jeunes sont seuls sur le territoire français », sachant qu’en « cinq ans, le nombre de mineurs isolés rencontrés, vivant le plus souvent à la rue, a été multiplié par cinq ». Continuer la lecture

« Nous, Médecins du monde, sommes tous des Médecins d’Alep « 

Par des membres de Médecins du monde

Alep… où bientôt, ne resteront plus que les cadavres de ses habitants qui n’auront pas pu fuir, pas pu se protéger. Depuis presque trois mois, les quartiers Est de la ville font l’objet d’un siège odieux qui ne leur donne pas d’autre choix que de tenter de partir pour éviter la famine. Depuis ces derniers jours, ces quartiers subissent des bombardements incessants, de plus en plus puissants, forts et tellement dévastateurs que l’intervention massive de l’aviation russe et l’utilisation d’armes à sous-munitions ne font aucun doute.

De son côté, le régime intervient au sol, soutenu par ses alliés et des groupes armés dans une grande offensive terrestre pour reconquérir l’Est de la ville. Aucun compte n’est tenu des populations civiles qui seront massacrées tant que les rebelles tiendront ces zones, ces rebelles qu’ils veulent anéantir impitoyablement et au plus vite. Vite avant que la communauté internationale ne se décide enfin à réagir devant ce massacre ignoble. Sinon, il sera probablement trop tard. Continuer la lecture