LA VOIX EST LIBRE .

De 1979 à 2020 de Paris avec les maraudes et la réduction des risques, la Bosnie, l’Uruguay, l’Afghanistan, Haïti, la Syrie, Calais, France, et dans le Monde. Venez découvrir les actions de Médecins du Monde ici et là-bas depuis 40 ans.

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Dr Florence Rigal, Médecins du Monde : « Le don ? Une manière de ne pas se résigner »

Trésorière du conseil d’administration de Médecins du Monde, le Dr Florence Rigal rappelle que l’ONG française a été fondée par des médecins et défend les valeurs profondes d’une médecine guidée par la dignité humaine. Que ce soit sur le terrain ou par le don, elle a permis depuis 40 ans à de nombreux médecins de s’engager. Interview.
 

Médecins du Monde fête ses 40 ans cette année. Quand l’association est née en 1980, quels étaient ses liens avec le monde médical français ?
 
Ceux qui ont créé Médecins du Monde sont des médecins français, les liens sont donc constitutifs et historiques ! Très longtemps, le conseil d’administration n’a compté presque que des médecins ayant en commun cette volonté de soigner mais aussi de témoigner des situations vécues sur le terrain. Pour que les choses bougent, il faut pouvoir témoigner auprès de l’opinion publique, mais aussi des institutions et de divers acteurs en France et dans le monde.
 
Les médecins sont (encore) très écoutés. Votre mission est donc aussi d’alerter ?
 
Tout à fait, c’est pourquoi nos volontaires présents au Rwanda avant que le génocide ne se produise en 1994 ont raconté la violence qui montait et relayé des témoignages de personnes prises dans le drame. Quelques années plus tôt, en ex-Yougoslavie, Médecins du Monde a également été un témoin important des violations de droits humains. Nous sommes médecins, nous parlons toujours de ce que nous voyons, des effets sur la santé des personnes ou de l’inexistence ou des dysfonctionnements des systèmes de santé. Nous pouvons dénoncer aussi parce nous agissons sur le terrain.
 
Et quel est le rôle du donateur dans ce combat ?
 
Toutes les actions dont je parle ne sont possibles que parce que des donateurs souhaitent que l’on agisse. Médecins du Monde est une organisation médicale qui s’est bâtie avec ses donateurs. Notre responsabilité sur le terrain est d’honorer les dons, dons qui nous permettent en même temps de maintenir un lien vivant avec la société. Dans les années 1990, ce que nous avons entrepris autour de la réduction du risque pour les usagers de drogue, en pleine épidémie de VIH/sida, a permis par la suite de convaincre des institutions, alors qu’elles refusaient jusque-là de financer ce type de programme. Mais pour faire bouger les lignes, il faut des sous ! Les dons permettent d’acquérir une indépendance financière et donc politique. Cette indépendance nous permet alors d’intervenir très vite face à une urgence ou de bâtir des programmes de long terme, comme nos programmes santé et environnement au Népal ou encore aux Philippines, parfois difficiles à faire financer. Nous les portons d’abord sur nos fonds propres avec l’idée qu’un jour, il y aura un relais. Les dons sont une force pour entreprendre.
 
Sur le terrain, quelle est la vision médicale défendue par Médecins du Monde ?
 
Nous n’arrivons pas dans un pays pour imposer notre manière de voir, une méthode ou des équipes, puis repartir subitement comme nous sommes arrivés. A l’international, nous faisons en sorte d’impliquer les acteurs locaux, en premier lieu desquels les médecins. Nous apportons un peu de formation, bien sûr, puis nous nous articulons avec le local : nous recrutons local et nous nous adaptons aux manières de travailler et au système de soins sur place. Le but n’est pas de transposer mais de s’adapter et d’impulser un changement. Ensuite, par la formation notamment, nous cherchons toujours à transmettre et pérenniser des savoir-faire, aussi bien dans l’acte que dans le protocole ou l’organisationnel. Nous avons même fait venir en France des médecins étrangers pour les former dans le cadre de l’opération chirurgicale Sourire dédiée aux enfants nés avec des fentes labio-palatines. Comme disait Francis Blanche, « il vaut mieux penser le changement que changer le pansement » ! Pour y parvenir, cultiver une vision solidaire de la médecine est indispensable.
 
Au fond, ce sont les valeurs profondes de la médecine ?
 
Oui, je crois. Choisir d’être médecin, c’est agir pour le bien des autres et pour leur dignité. Mais comme tout le monde ne peut pas s’engager sur le terrain, un bon moyen de le faire est de devenir donateur. Attention ! Il ne s’agit pas de se débarrasser du sujet, mais de participer à une action collective. Le don, c’est du concret et une manière de ne pas se résigner.
 
Envie de donner ?

Programme de l’assemblée des donateurs Médecins du Monde du 26 mai

Programme pour l’assemblée des donateurs

de Médecins du Monde.

Animé par Jérôme Denoix.

Accueil – Paule Champetier de ribes Présidente du comité des donateurs

Film d’accueil : Françoise Sivignon Présidente de Médecins du Monde.

« Les enjeux politiques » par Philippe de Botton trésorier de Médecins du Monde

Film « La santé des femmes »

« Les donateurs sont essentiels » par Jean-Baptiste Matray directeur de la     communication et du développement

« Les interventions internationales »  par Jean François Corty Directeur des opérations internationales

Film : MDM en Birmanie

« Auprès des réfugiés au Liban » par Jérôme Denoix et Marc Chabert membres du comité des donateurs

MDM au Moyen-Orient et le pôle Amman par Fyras Mawazini membre du Conseil d’administration.

Les  opérations d’urgences par  Marius Musca responsable de la cellule urgence à Médecins du Monde.

Questions réponses

Pause.

Missions dans les zones rurales sensibles par le responsable de Missions Olivier Lesens

Film « Sékou, mineur à Rouen »

« Auprès des mineurs non accompagnés » par Agnes Salomon

La stratégie, l’avenir et la place des donateurs par Joël Weiler directeur général de Médecins du Monde.

Questions-Réponses

Annonce pour le comité des donateurs par sa présidente.

Cocktail.

ASSEMBLÉE DES DONATEURS DE MÉDECINS DU MONDE LE 26 mai, INSCRIVEZ-VOUS

Vous êtes donateurs à Médecins du Monde , venez le 26 mai au siège de l’association.

Les actions de Médecins du Monde repose sur votre action de donateurs, venez en parler avec nous.

Cette assemblée des donateurs vous permettra de rencontrer celles et ceux qui vous informeront le plus complètement possible sur l’association et pourront répondre à toutes vos questions.

Alors venez nombreux vous exprimer.

Les Etats Généraux de la Migration appellent à ne pas voter la loi asile et Immigration.

 

« Nous vous appelons à ne pas voter cette loi. Il faut cesser cette guerre aux migrants. C’est avec eux que nous ferons la société de demain »… Vendredi matin, ces mots, adressés aux députés, ont résonné au foyer de l’Arve (Paris 15e) pour la deuxième conférence des Etats généraux des migrations (EGM). Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d’Emmaüs International, a prononcé cet appel au nom de son association ; mais aussi au nom du mouvement national d’associations et de regroupements de citoyens qui chaque jour viennent en aideaux migrants un peu partout en France et se sont réunis dans ces EGM. Un appel qui a déjà été porté localement, mais que les députés ont trop souvent décliné, refusant les rencontres de terrain avec le monde associatif, a regretté David Saunier, de l’Assemblée locale de Caen, au profit ici ou là de la visite plus médiatique d’un centre de rétention.

Pourtant, ce large mouvement populaire, qui regroupe 440 associations nationales, locales ou simples collectifs, aurait aimé leur expliquer qu’il se bat pour une autre politique migratoire que celle du gouvernement. Tous savent bien que le projet de Gérard Collomb, que Vanina Rochiccioli, présidente de Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés) qualifie de « texte de police qui ne règle rien », sera voté rapidement.

Mais ils croient que la vision qu’ils portent sera gagnante sur le long terme parce que « dans le projet de loi, il manque le fait de considérer les immigrés comme des sujets et non comme des objets » résumait vendredi Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH), qui reste persuadée que « donner des droits aux migrants, ce n’est pas retirer des droits aux Français ». Et si tous savent ce combat contre la vision du ministère de l’Intérieur perdu à court terme, le regroupement d’énergies veut d’abord faire savoir, à ceux qui en doutaient, que l’accueil est possible dans la France de 2018.

Alors, sur le terrain, autour des hébergements, des campements, le long des frontières aussi, chaque jour des bénévoles nourrissent, soignent, aident au quotidien des nouveaux venus à qui l’administration n’offre pas de protection. Comme l’a déploré Patrick Bouffart, médecin pour Médecins du monde, « on gère aujourd’hui dans les rues la sous-humanité qu’on a créée, l’auto exclusion qui se développe et se développera encore, car la loi qui passe au parlement est pathogène »… C’est de tout cela, qu’ils veulent témoigner. Continuer la lecture