Une campagne vidéo pour Médecins du Monde

Soigner une fracture ouverte de tibia avec un tube de colle et une truelle, traiter une carie avec du mastic et de l’alcool à brûler… C’est la nouvelle campagne de médecins de monde, qui  entend dénoncer ainsi l’inégalité devant l’accès aux soins.

Démonstration par l’absurde du risque qu’ont les plus démunis de renoncer aux soins médicaux, ces fausses publicités virales plutôt réussies et efficaces permettent à l’ONG de diffuser son message :

« La santé devenant un produit de luxe, ces vidéos entendent interpeller par l’absurde sur un risque potentiel : que les gens aient de plus en plus recours au « système D », à la bricomédication pour se soigner. »

A l’occasion du G20 qui se tiendra à Cannes le3 et 4 novembre prochain, Médecins du Monde appelle à la création d’une couverture maladie universelle et notamment la gratuité des soins pour les plus pauvres. En septembre dernier, l’organisation a publié un « baromètre de l’accès aux soins des plus démunis en France. »


Comment soigner une fracture du Tibia ? par bricomedication


Comment soigner une carie ? par bricomedication

Poussée de fièvre à l’ONG Solidarité Médecins du monde apporte assistance aux plus démunis

Hanane a 6 ans. Dans le hall de Médecins du monde (MDM), association humanitaire qui soigne les populations les plus vulnérables sans conditions de droit, elle joue à la poupée et « aux pirates, en attendant le docteur ». Autour d’elle, d’autres enfants s’amusent avec des livres d’images. De plus en plus de parents amènent leurs enfants consulter l’ONG. « Quand ils sont malades, les parents les transportent aux urgences où une ordonnance est établie. Mais sans argent, ils ne peuvent pas acheter les médicaments. Donc le lendemain, ils viennent ici », explique Cendrine Labaume, coordinatrice de l’association à Marseille.

Plus de 10 000 personnes par an
Pourtant, en France, les mineurs sont de fait éligibles à une couverture maladie. « 80 % des personnes qui viennent nous voir pourraient avoir une couverture maladie, précise Cendrine Labaume. Mais, en quelques années, la France a tellement complexifié l’accès à ce droit que c’est maintenant le parcours du combattant, même si l’assistante sociale est là pour les aider. » A Marseille, le deuxième plus grand centre de France après celui de Saint-Denis, les médecins bénévoles de MDM reçoivent plus de 10 0000 personnes par an. En 2003, 8 700 personnes ont été soignées grâce à l’association. Et chaque matin, ils sont une soixantaine à venir consulter. « On a atteint le niveau de saturation, lâche un médecin. Ce n’est pas possible de recevoir davantage de patients. » La salle d’attente ne désemplit pas. Quelques personnes préfèrent patienter dans la rue. A la sortie, Hanane est radieuse. « Je n’ai rien, je n’ai pas eu de piqûre »,

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Les expulsions compliquent le travail de prévention sanitaire

Dans les équipes de Médecins du monde, l’inquiétude est flagrante. L’exaspération aussi, face aux difficultés rencontrées pour lutter contre les épidémies. « La rougeole, la tuberculose, ces maladies infectieuses n’ont jamais vraiment disparu. Mais à partir du moment où les poches de pauvreté se développent comme aujourd’hui, il est logique qu’elles progressent », estime le Dr Jeanine Rochefort, responsable du centre de soins de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Au tableau, elle ajoute la gale, cette maladie de peau qui prolifère auprès des populations qui n’ont pas accès à l’eau potable.

Depuis 2010, un dépistage ciblé de la tuberculose auprès des populations venant de pays où l’incidence est plus forte a été mis en place en Seine-Saint-Denis. Chaque semaine, des camions équipés se déplacent au centre de soins de l’ONG et dans des foyers de migrants. Dans ce département, le plus touché, l’incidence est de 30 pour 100 000 habitants. Auprès de la population rom, elle est plutôt de 300.

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Docteur Olivier Bernard : « Nous craignons de glisser vers une crise humanitaire en 2012 »

Médecins du monde rend public ce matin un baromètre aux constats inquiétants sur la santé des plus démunis.

Dans votre baromètre, vous n’hésitez pas à évoquer un « krach sanitaire » frappant les personnes pauvres. Qu’est-ce qui vous conduit à cette conclusion ?

Olivier Bernard : Ce n’est pas qu’une formule pour marquer les esprits sur fond de crise économique. Au cours de l’année 2010, nos centres médicaux et nos équipes mobiles ont réalisé 38 606 consultations, soit 10 % de plus qu’en 2009. Les pathologies sont de plus en plus lourdes. Près d’un patient sur quatre, désormais, vient se soigner chez nous trop tardivement, alors qu’ils n’étaient que 11 % en 2008.

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« Il n’y a a pas de drogues heureuses»

Le centre bayonnais Bizia aide fumeurs de cannabis et autres consommateurs de drogues à décrocher.

«Le cannabis, je le prenais un peu comme un médicament. J’ai une personnalité très anxieuse. Et puis, j’ai pris conscience que je pouvais vivre sans. » Cheveux courts, fines lunettes rectangulaires et visage fin, Christelle (1) a longtemps usé de la drogue : deux ou trois joints quotidiens pour « se détendre psychologiquement et physiquement ».

Avec la cinquantaine, cette femme au look passe-partout a pourtant décidé d’en finir. Après 30 années de fumette, elle s’est tournée voilà plus d’un an vers l’association Bizia, le centre de soin en addictologie de Bayonne. La structure, créée à l’origine par Médecins du Monde pour venir en aide aux héroïnomanes, s’est autonomisée en 2000 pour s’élargir à toutes les formes d’addiction. Soins médicaux, aide psychologique et matérielle, Bizia accompagne les personnes dépendantes dans le cadre d’une démarche devenue globale.

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