Médecins du Monde dénonce l’expulsion du plus grand bidonville de Paris

Dans une lettre ouverte publiée le 23 février, Médecins du Monde dénonce le traitement des Roms expulsés au début du même mois de la Porte des Poissonniers à Paris. Cette expulsion avait eu lieu malgré une décision de justice en faveur de leur maintien. L’organisation humanitaire réclame que les médecins bénévoles puissent terminer les suivis médicaux déjà commencés auprès des habitants du bidonville.

 

Les faits remontent au 3 février dernier. À 7 heures du matin, les forces de l’ordre ont procédé à l’expulsion des 200 à 300 habitants d’un bidonville du nord de Paris. Or, d’après une lettre ouverte signée par Médecins du Monde, sept jours avant l’expulsion, le Tribunal de Grande Instance de Paris avaitautorisé les familles de la Porte des Poissonniers à occuper les lieux jusqu’au 15 juin 2016. L’argument d’un « besoin de stabilité [des habitants du bidonville] afin de favoriser les actions de santé publique et l’observance des traitements jusqu’à leur terme » avait alors été retenu par les juges. Lire la suite

Courcelles-les-Lens: le long chemin des Roms courcellois vers l’intégration

Depuis cinq ans, huit familles Roms vivent dans un campement à proximité de la commune. Et peu à peu leur insertion dans la société prend forme, constate le Comité de soutien aux Roms du Douaisis, une dizaine de bénévoles qui les suit au quotidien. Il reste encore beaucoup à faire.

Installés au bout de leur chemin, ils font partie du paysage. C’est en 2010 que quelques familles Roms ont stationné leurs caravanes en retrait de la départementale qui mène à Auby, un petit campement que l’on aperçoit depuis l’A21. « Ça fait 5 ans qu’on s’occupe d’eux, ils n’ont jamais enquiquiné personne, il n’y a jamais eu de problème. Ils étaient 27-28 en 2010, c’est remonté à 40. Là, ils sont 35. C’est un groupe stable. Il n’y a pas eu d’appel d’air », témoignent Gérard et Madeleine Couche, du Comité de soutien aux Roms du Douaisis, créé afin d’épauler ces familles.

Nul n’est mieux placé que ces bénévoles pour mesurer les progrès de leur intégration. « Au départ, on leur apportait surtout de l’aide alimentaire, vestimentaire ou de santé. Et dans l’urgence. Aujourd’hui, c’est devenu une aide plus administrative. Il y a eu une évolution lente, difficile mais réelle. »

Scolarité

Car au fil du temps, et même si cela n’apparaît pas au premier coup d’œil, ces Roumains s’insèrent, à leur manière. Depuis deux ans, ils sont citoyens européens à part entière, libres de trouver un emploi dans l’Union. « La Roumanie, c’est zéro. Les Français sont gentils pour nous. En Roumanie, c’est misère, crise, pas travail. » explique Félicia, l’une des mères de famille du camp. Celui-ci regorge de voitures désossées, de métaux divers récupérés aux encombrants et revendus à un ferrailleur de Denain. Lire la suite

Evacuation du bidonville rom du Samaritain à La Courneuve, le plus vieux de France

Le campement vivait, depuis le 15 août, sous la menace d’un démantèlement imminent : jeudi 27 août, l’expulsion des trois cents Roms qui l’occupaient a commencé. Deux unités de forces mobiles ont été déployées, a annoncé la préfecture de Seine-Saint-Denis, précisant que le diagnostic social, étape préalable obligatoire à toute expulsion, était « achevé ». Sur place, « l’ambiance est calme, on discute posément avec les occupants, ils savent qu’on ne fait qu’appliquer une décision de justice », a assuré un membre du cabinet du préfet.

Le bidonville du Samaritain, situé entre l’A86 et les voies du RER B dans la zone industrielle de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, existe depuis bientôt huit ans, ce qui en fait l’un des plus vieux du pays. La mairie communiste de La Courneuve en a demandé, dès 2013, l’expulsion. Il devait avoir disparu pour la conférence internationale sur le climat, qui se tiendra dans trois mois non loin, au Parc des expositions du Bourget.

Le bidonville faisait l’objet d’un conflit entre la municipalité et des associations présentes au Samaritain. L’ONG Médecins du monde et la Fondation Abbé-Pierre avaient proposé un plan de « sortie par le haut » du bidonville de la rue Pascal, avec relogement à la clé, en échelonnant l’évacuation du terrain communal sur trois ans. Un plan rejeté par la municipalité. Lire la suite

Journée du refus de la misère: donner la parole aux plus démunis

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré » : comme chaque année depuis 1987, ce message sera diffusé dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, célébrée vendredi 17 octobre, dont l’objectif est de sensibiliser la population et donner la parole aux personnes précaires.

Célébrée chaque 17 octobre, la journée mondiale du refus de la misère est organisée par l’association ATD Quart Monde. Son but : donner la parole et un visage aux plus démunis mais aussi sensibiliser la population et les pouvoirs publics.

« Regardons la misère en face »

A l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, reconnue par les Nations Unies depuis 1992, l’ONG Médecins du Monde a voulu donner un visage aux plus démunis à travers l’exposition « Regardons la précarité en face »: douze portraits géants de Français précaires sont exposés sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, jusqu’au 19 octobre Paris.

« Nous les croisons chaque jour dans les rues sans leur prêter attention. Souvent même, nous détournons le regard. La pauvreté, la maladie dérangent. Ces femmes,  ces hommes et ces enfants, précaires, exclus, que Médecins du Monde accompagne tous les jours en France comme ailleurs dans le monde, nous avons voulu leur donner la parole, leur donner un visage » explique l’ONG dans un communiqué de presse.

Rapport annuel de Médecins du Monde

Chaque année, dans le cadre de cette journée mondiale, l’ONG Médecins du Monde publie un rapport, l’« Observatoire de l’accès aux droits et aux soins en France » : en 2013, près de 30 000 personnes se seraient rendues dans les 20 Centres d’accueil de soins et d’orientation (Caso) de Médecins du monde: au total 40 547 consultations médicales, 3 685 consultations dentaires et 14 278 consultations sociales ont été réalisés.  Dans son rapport annuel, l’ONG révèle également que 97 % des personnes rencontrées dans les Caso vivent sous le seuil de pauvreté, tout en poitant également une augmentation du nombre de mineurs isolés en 2013.

Pour une meilleure intégration des Roms à Bruxelles

Différentes organisations ont signé un manifeste qui demande la mise en place d’un groupe de travail afin d’aider l’intégration des familles roms en Région bruxelloise. Le manifeste a été présenté mardi à Saint-Josse-ten-Noode par le bourgmestre de la commune, Emir Kir (PS), Médecins du Monde et la Ligue des droits de l’Homme.Les signataires exigent la mise en place d’un groupe de travail dirigé par la Région bruxelloise qui collaborerait entre autres avec les représentants du gouvernement fédéral et les communes accueillant les familles roms, afin de réfléchir à des solutions d’intégration durable. « C’est hallucinant de voir comment les Roms sont traités dans la capitale de l’Europe », a déclaré Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l’Homme. « Il est nécessaire de travailler avec les politiciens locaux pour mettre un terme aux discriminations envers ces personnes. » Le manifeste tient en trois principes de base: stabiliser la situation, effectuer un suivi social assurant l’accès aux droits sociaux et les intégrer dans le droit commun. Les organisations veulent également que des mesures urgentes soient prises pour assurer les besoins fondamentaux des Roms, comme l’hébergement d’urgence et les soins. Il y a actuellement 300 Roms enregistrés en Région bruxelloise. « 50% d’entre eux sont enregistrés dans notre commune, mais il y en a beaucoup plus dans les faits », explique le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode, Emir Kir, qui demande une meilleure collaboration entre les communes. « L’intégration est possible pour chacun, mais ça doit se faire de manière humaine. » (Belga)

Médecins du monde réclame l’accès à l’eau pour tous

Dans une tribune publiée vendredi dernier sur le site du Monde.fr, deux responsables de Médecins du Monde, Philippe Rodier, délégué régional à Marseille et Cendrine Labaume, coordinatrice générale dénoncent les difficultés d’accès à l’eau pour les personnes en difficulté. Dans le texte intitulé, « L’eau, un droit accordé au compte-gouttes », ils dénoncent une situation qu’ils estiment intolérable : « Dans cette ville, il n’y a ni toilettes publiques, ni bains douches, et les fontaines, quand elles ne sont pas cassées, se comptent sur les doigts de la main et plutôt dans les quartiers privilégiés que dans les quartiers pauvres ». Faute d’accès à l’eau potable, certaines maladies ont ainsi refait surface : hépatite A, impétigo, saturnisme.

A leurs yeux, l’immobilisme marseillais en la matière relève d’une véritable volonté politique. « Proposer l’eau potable en accès libre ou des bains-douches municipaux dans l’esprit des élus locaux reviendrait à tolérer les pauvres, voire à encourager leur venue », estiment ces deux responsables de l’association qui tient un centre d’accueil et de soins dans le centre-ville mais surtout distribue des bidons d’eau potable pour que les plus démunis y aient accès. « Au final, il s’agit de la même stratégie à court terme qui n’est pas de lutter contre la pauvreté, diagnostiquent-ils, mais de lutter contre les pauvres en les décourageant d’être là et ce, au mépris des droits les plus fondamentaux ».

Ils rappellent également que les organismes responsables – Préfecture, Mairie, Société des Eaux de Marseille et la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole – « ont été interpellés en vain sur l’application effective –et urgente en période caniculaire, de ce droit à l’eau et sur ses répercussions en termes de santé publique », surtout en période estivale comme dans le cas de ces Roms expulsés de Plombières qui s’étaient retrouvés en août sans eau potable dans un parc.