Les mystérieuses petites dames du boulevard de la Villette

Loin des clichés des filles aguicheuses de Pigalle, les « marcheuses de Belleville » restent discrètes et mystérieuses. Venues de Chine, elles se fondent dans le paysage, se cachent au gré des rues, souffrent en silence et ne seront remarquées que par ceux qui voudront bien les voir. Cette prostitution oubliée tend à augmenter depuis quelques années. Inquiets des dérives sanitaires, le Lotus Bus et Médecins du Monde leur viennent en aide.

Elle s’appelle Lan*, se prostitue, et vers 20 heures, elle se dirige vers le Lotus Bus. Comme elle, ce sont des dizaines de femmes qui viennent trouver de l’aide dans un bus ambulant mis à leur disposition par Médecins du Monde depuis 2004. Plus de quarante bénévoles s’y impliquent à tour de rôle quatre fois par semaine. Entre Belleville, Strasbourg Saint-Denis ou Porte de Choisy, la mission reste la même : réduire les risques liés aux pratiques prostitutionnelles de ces femmes en leur donnant toutes les informations et outils nécessaires pour se protéger. Ce soir, il y a foule sur le trottoir de la rue du Faubourg Saint-Martin pour accéder au bus. Dans la file indienne, les femmes échangent des regards compatissants, parfois ravagés par les cernes. Une fois à bord du véhicule, l’équipe témoigne d’un peu de chaleur et de beaucoup d’humanité. Chacune récupère un petit pochon blanc contenant ce qui leur sauvera peut-être la vie : des préservatifs et du lubrifiant. Puis, ces femmes s’empressent de disparaître, s’enfonçant dans la nuit pour continuer leurs déambulations sur le boulevard.

Le manque d’informations signifie des risques accrus Lire la suite

Campagne : pourquoi la réalité ne nous touche-t-elle que lorsqu’elle prend la forme d’une fiction ?

En Belgique mais pas que, ici aussi.

En 2014, la pauvreté dans la rue capte trop peu notre regard. Nous ignorons souvent la présence des plus démunis. Ce n’est que quand des films sont tournés, des livres ou des pièces de théâtre sont écrites que les histoires tragiques attirent l’attention. Médecins du Monde s’est basé sur ce phénomène pour lancer aujourd’hui une campagne qui sera diffusée dans tout le pays.

Dans la rue, une femme a urgemment besoin d’assistance médicale. Des passants la croisent sans la regarder. Mais dès qu’un plateau de cinéma est monté autour d’elle (avec caméras, lumières et la présence du célèbre réalisateur Jan Verheyen), quelque chose d’étrange se produit : les gens s’avancent silencieusement vers cette femme. Ils sont curieux et s’intéressent à elle. Surgit alors cette question: pourquoi la réalité ne nous touche-t-elle que lorsqu’elle prend la forme d’une fiction?

Le but de ce film est de donner un visage aux milliers de personnes vulnérables en Belgique n’ayant pas accès aux soins médicaux,” explique Stéphane Heymans, coordinateur des projets belges de Médecins du Monde. Dès aujourd’hui, la campagne devient virale. La femme que l’on voit dans le film est une actrice, par contre les réactions des passants sont bel et bien réelles. Un message identique est diffusé à la radio, avec la participation de trois célébrités (Deborah François – Comédienne, Thomas Gunzig – Ecrivain et chroniqueur, Alain Berliner – Réalisateur, à écouter ci-dessous).

Un paradoxe croissant

Qu’il s’agisse de personnes en situation de précarité, de sans-papiers, de personnes sans couverture médicale, d’usagers de drogue, de sans-abris ou de travailleurs du sexe, dans notre pays, les plus vulnérables ont de grandes difficultés à accéder à des soins, alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin. Parmi eux, 4 personnes sur 5 déclarent être en (très) mauvaise santé mais 67% n’ont pas accès aux soins.

Autre tendance inquiétante: le Belge « moyen » tarde de plus en plus à se rendre chez le médecin. En 1997, un Belge assuré sur 10 repoussait une consultation médicale pour des raisons financières. Aujourd’hui, c’est le cas d’une personne sur 7. Ce chiffre augmente dans les groupes les plus vulnérables: 40% des chômeurs, des personnes ayant un revenu modeste ou un revenu minimum se sont déjà trouvé dans l’obligation de postposer des soins médicaux.

C’est pourquoi Médecins du Monde plaide auprès des autorités fédérales, régionales et communales pour une assurance médicale universelle et un accès plus aisé aux soins de santé. C’est seulement ainsi que les plus vulnérables, telle l’heroïne de notre film, seront aidés et non exclus. 

https://www.youtube.com/watch?v=EDkmQ46wpq4

Les ONG de plus en plus attaquées dans le Nord du Mali (ONU)

Les organisations humanitaires intervenant dans le Nord du Mali sont de plus en plus soumises à des attaques et menaces qui ont contraint nombre d’entre elles à suspendre ou retarder leurs activités d’aide aux populations, a dénoncé jeudi David Gressly, coordonnateur de l’action humanitaire au Mali.

« Plus d’une vingtaine d’incidents sécuritaires graves contre les organisations humanitaires ont été enregistrés depuis le début de l’année », a indiqué le responsable onusien soulignant que la moitié de ces incidents sont survenus au cours des deux derniers mois.

Il se serait essentiellement agi de braquages de convois humanitaires d’Enda, Médecins du Monde-Belgique et du mouvement de la Croix Rouge (Croix Rouge malienne, Comité International de la Croix Rouge) dans les régions de Gao et Tombouctou. Lire la suite

Marseille : la « carte SDF » ne passe pas

La carte de secours au « triangle jaune » introduite par le Samu social auprès des sans-abris de la ville de Marseille a soulevé un tollé. Explications.

Un étrange écusson sur la poitrine, une centaine de personnes était réunie le 3 décembre au matin, devant l’Hôtel de ville de Marseille pour dénoncer une mesure que les plus tendres qualifient de maladroite. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la distribution de l’objet incriminé a été suspendue depuis huit jours.

Méry : « Je n’ai pas pris de décret »

C’es en tous cas ce qu’a annoncé Xavier Méry, adjoint UMP à l’intégration et à la lutte contre l’exclusion, concèdant « une maladresse ». « Ce qui me choque, c’est le rapprochement que l’on fait avec des parties sombres de notre Histoire. Je n’ai pas pris de décret municipal pour obliger tous les sans domicile fixe à porter cette carte… »
De quoi s’agit-il ? D’une carte dont l’idée a germé dans les têtes du personnel du Samu Social de la ville de Marseille. Une carte comportant des éléments permettant d’identifier rapidement un SDF : nom, prénom, n° de téléphone, personne à prévenir, n° de sécurité sociale, allergies, pathologies… Depuis sa mise en service, jusqu’à sa suspension, la carte a été distribuée à une centaine de SDF dans Marseille. La ville en compterait près de 1500.
« Ce n’est pas pour nous, nous connaissons les sans abris par leur prénom, c’est plus à destination des pompiers, par exemple…», explique René Giancarli, directeur du Samu social qui a déjà distribué ce sésame à une centaine de SDF.
Si la démarche peut paraître louable, puisqu’elle vise à faciliter l’accès aux soins pour les sans-abris, elle soulève de grosses réserves.

Un triangle jaune stigmatisant

Dans sa forme, stigmatisante, d’abord. Car cette carte, matérialisée sur son recto par un « triangle jaune », n’est pas sans rappeler une multitude de symboles utilisés au cours de l’Histoire pour mettre à l’index différentes populations. Lire la suite

Manifestation contre une «carte santé» distribuée aux SDF à Marseille

 

Distribué par le Samu social, le badge, censé être porté de manière visible, comprend les noms, numéros de sécurité sociale et pathologies des personnes sans abris, assurent les associatifs. Marisol Touraine s’est elle aussi insurgée contre ce dispositif.

 

Une centaine de personnes, issues pour la plupart du monde associatif, se sont rassemblées mercredi devant l’hôtel de ville de Marseille pour protester contre une «carte de secours» destinée aux sans-abris de la ville, une source de discrimination selon elles.

Sur ce badge – qui porte sur son recto un grand triangle jaune et est censée être portée de manière visible – doivent être inscrits le nom, le prénom et le numéro de sécurité sociale de la personne qui le porte, ainsi que ses maladies chroniques, selon le collectif «Le jugement dernier», à l’origine de la manifestation.

«Il y a un problème de confidentialité, de stigmatisation, cela va à l’encontre de tout le travail de rue que l’on fait», a dénoncé auprès de l’AFP Raymond Negren, responsable de la mission de rue de Médecins du Monde à Marseille.

[http://www.liberation.fr/societe/2014/12/03/manifestation-contre-une-carte-sante-distribuee-aux-sdf-a-marseille_1155978]

 

Médecins du Monde se mobilise sur le terrain contre Ebola

Rencontre avec Françoise Sivignon, médecin et Vice-Présidente de Médecins du Monde.

Pour faire face au virus Ebola, Médecins du Monde a voulu à la fois protéger le personnel soignant et répondre à l’épidémie en sensibilisant à l’épidémie .

Comment ? En passant par 3 volets :

- la prévention et la sensibilisation des populations via la formation de 400 travailleurs sanitaires communautaires. Il est nécessaire de donner une information juste aux populations pour qu’elles développent leurs capacités d’agir et de résister à la propagation du virus.
- la formation des agents de santé pour l’identification des cas suspects et le référencement de ces cas vers les centres de soins.
- le soutien aux structures de santé (appui en médicaments, fourniture de matériel de protection, gants, masques, etc…) qui est actuellement une urgence.

Au Libéria, Médecins du Monde appuie 5 structures sanitaires à Monrovia auprès de 600 000 personnes et 125 dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire (où aucun cas n’a encore été détecté) auprès de 2 millions d’habitants.

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