Les ONG de plus en plus attaquées dans le Nord du Mali (ONU)

Les organisations humanitaires intervenant dans le Nord du Mali sont de plus en plus soumises à des attaques et menaces qui ont contraint nombre d’entre elles à suspendre ou retarder leurs activités d’aide aux populations, a dénoncé jeudi David Gressly, coordonnateur de l’action humanitaire au Mali.

« Plus d’une vingtaine d’incidents sécuritaires graves contre les organisations humanitaires ont été enregistrés depuis le début de l’année », a indiqué le responsable onusien soulignant que la moitié de ces incidents sont survenus au cours des deux derniers mois.

Il se serait essentiellement agi de braquages de convois humanitaires d’Enda, Médecins du Monde-Belgique et du mouvement de la Croix Rouge (Croix Rouge malienne, Comité International de la Croix Rouge) dans les régions de Gao et Tombouctou. Lire la suite

Marseille : la « carte SDF » ne passe pas

La carte de secours au « triangle jaune » introduite par le Samu social auprès des sans-abris de la ville de Marseille a soulevé un tollé. Explications.

Un étrange écusson sur la poitrine, une centaine de personnes était réunie le 3 décembre au matin, devant l’Hôtel de ville de Marseille pour dénoncer une mesure que les plus tendres qualifient de maladroite. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la distribution de l’objet incriminé a été suspendue depuis huit jours.

Méry : « Je n’ai pas pris de décret »

C’es en tous cas ce qu’a annoncé Xavier Méry, adjoint UMP à l’intégration et à la lutte contre l’exclusion, concèdant « une maladresse ». « Ce qui me choque, c’est le rapprochement que l’on fait avec des parties sombres de notre Histoire. Je n’ai pas pris de décret municipal pour obliger tous les sans domicile fixe à porter cette carte… »
De quoi s’agit-il ? D’une carte dont l’idée a germé dans les têtes du personnel du Samu Social de la ville de Marseille. Une carte comportant des éléments permettant d’identifier rapidement un SDF : nom, prénom, n° de téléphone, personne à prévenir, n° de sécurité sociale, allergies, pathologies… Depuis sa mise en service, jusqu’à sa suspension, la carte a été distribuée à une centaine de SDF dans Marseille. La ville en compterait près de 1500.
« Ce n’est pas pour nous, nous connaissons les sans abris par leur prénom, c’est plus à destination des pompiers, par exemple…», explique René Giancarli, directeur du Samu social qui a déjà distribué ce sésame à une centaine de SDF.
Si la démarche peut paraître louable, puisqu’elle vise à faciliter l’accès aux soins pour les sans-abris, elle soulève de grosses réserves.

Un triangle jaune stigmatisant

Dans sa forme, stigmatisante, d’abord. Car cette carte, matérialisée sur son recto par un « triangle jaune », n’est pas sans rappeler une multitude de symboles utilisés au cours de l’Histoire pour mettre à l’index différentes populations. Lire la suite

Manifestation contre une «carte santé» distribuée aux SDF à Marseille

 

Distribué par le Samu social, le badge, censé être porté de manière visible, comprend les noms, numéros de sécurité sociale et pathologies des personnes sans abris, assurent les associatifs. Marisol Touraine s’est elle aussi insurgée contre ce dispositif.

 

Une centaine de personnes, issues pour la plupart du monde associatif, se sont rassemblées mercredi devant l’hôtel de ville de Marseille pour protester contre une «carte de secours» destinée aux sans-abris de la ville, une source de discrimination selon elles.

Sur ce badge – qui porte sur son recto un grand triangle jaune et est censée être portée de manière visible – doivent être inscrits le nom, le prénom et le numéro de sécurité sociale de la personne qui le porte, ainsi que ses maladies chroniques, selon le collectif «Le jugement dernier», à l’origine de la manifestation.

«Il y a un problème de confidentialité, de stigmatisation, cela va à l’encontre de tout le travail de rue que l’on fait», a dénoncé auprès de l’AFP Raymond Negren, responsable de la mission de rue de Médecins du Monde à Marseille.

[http://www.liberation.fr/societe/2014/12/03/manifestation-contre-une-carte-sante-distribuee-aux-sdf-a-marseille_1155978]

 

Médecins du Monde se mobilise sur le terrain contre Ebola

Rencontre avec Françoise Sivignon, médecin et Vice-Présidente de Médecins du Monde.

Pour faire face au virus Ebola, Médecins du Monde a voulu à la fois protéger le personnel soignant et répondre à l’épidémie en sensibilisant à l’épidémie .

Comment ? En passant par 3 volets :

- la prévention et la sensibilisation des populations via la formation de 400 travailleurs sanitaires communautaires. Il est nécessaire de donner une information juste aux populations pour qu’elles développent leurs capacités d’agir et de résister à la propagation du virus.
- la formation des agents de santé pour l’identification des cas suspects et le référencement de ces cas vers les centres de soins.
- le soutien aux structures de santé (appui en médicaments, fourniture de matériel de protection, gants, masques, etc…) qui est actuellement une urgence.

Au Libéria, Médecins du Monde appuie 5 structures sanitaires à Monrovia auprès de 600 000 personnes et 125 dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire (où aucun cas n’a encore été détecté) auprès de 2 millions d’habitants.

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La terreur freine les humanitaires

Le Matin online
Après la troisième exécution d’un membre d’une ONG, les associations font état de leurs difficultés pour venir en aide à la population syrienne.

La décapitation de l’Américain Peter Kassig, humanitaire de 26 ans, a-t-elle des répercussions sur les ONG en Syrie et en Irak? Beaucoup n’intervenaient déjà pas dans cette région à haut risque. Mais alors que l’Etat islamique se montre plus menaçant, les autres vont-elles partir? Contactées par «Le Matin», celles-ci affirment avoir pris les mesures de sécurité qui s’imposaient avant ce nouvel assassinat. C’est par exemple le cas de Médecins du Monde qui compte en ce moment une vingtaine de collaborateurs occidentaux dans la région.

«Ce troisième assassinat ne change rien à notre politique de sécurité mise en place en 2012, année où les kidnappings ont commencé», avance Joël Weiler, responsable de la cellule urgence de l’ONG. «A l’intérieur du pays, tout notre staff est syrien. Non pour des raisons de sécurité, mais parce que collaborer avec des partenaires locaux fait partie de notre philosophie.» Les expatriés sont, eux, répartis entre l’Irak et la Turquie.

Tous les trajets sont surveillés

Comme les partenaires locaux, le personnel étranger doit obéir à des consignes strictes: couvre-feu ou encore suivi de tous leurs déplacements. «Nous savons où est notre personnel à tout moment. Dans ce genre de mission d’urgence, nous avons une obligation de moyens, presque militaires, envers nos équipes», affirme Joël Weiler. Lire la suite

Ce que les ONG doivent faire pour éviter la paralysie dans les zones de conflit

L’assassinat de l’otage Peter Kassig par le groupe Etat islamique pose la question de la marge de manœuvre des ONG internationales dans les zones de guerre. Comment éviter qu’elles soient perçues comme des agents de l’Occident? Par Pierre Micheletti, ancien président de Médecins du monde

Les ONG internationales, largement dominées par des organisations dont les sièges, comme les financements, sont principalement issus des pays occidentaux, sont-elles condamnées – pour cause d’une insécurité motivée par leur ancrage à des pays majoritairement chrétiens – à ne plus pouvoir se déployer? En Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Mali, au Niger, en Centrafrique, les ONG occidentales sont-elles ainsi bloquées dans leurs capacités à se déplacer et à intervenir parce que ces terrains seraient l’expression de tensions religieuses?

La question est brusquement et tragiquement réactivée par l’assassinat de Peter Kassig en Syrie.

Face à ce questionnement, chaque pays est un cas particulier.

La réactivation du fait religieux, qui irrigue nombre des terrains de crise, fait aussi l’objet de manipulations et de dévoiements préoccupants de la part des acteurs politiques. Dans bon nombre de conflits non internationaux, les politiciens font un usage immodéré des différences confessionnelles, qui parfois viennent se surajouter à des différends entre tribus, ou des désaccords politiques, économiques, fonciers. Ils soufflent sur les braises et organisent les termes d’un conflit politique auquel s’ajoute l’usage fallacieux et hypertrophié de la question religieuse.

Il convient également, au plan des relations internationales, de ne pas faire preuve d’amnésie. Nous ne devons en effet pas perdre de vue le formidable accélérateur du clivage religieux qu’a constitué la Guerre froide.

Ainsi, après avoir alimenté la mobilisation anticommuniste, la question religieuse, qui a échappé à la maîtrise de ces mentors occidentaux pour aborder les terres plus radicales du wahhabisme –, se retourne contre son maître d’hier, non parce qu’il serait athée, mais parce qu’il incarnerait une nouvelle forme de croisade contemporaine, sur des terrains qui sont traditionnellement des terres d’islam… Ainsi pris dans la rhétorique duchoc des civilisations, le mouvement des ONG internationales, parce que toujours largement dominé par des organisations issues des pays occidentaux, est piégé car placé dans une posture qui peut le conduire à la paralysie.