Bordeaux, 23 février: « La précarité vue par les médias » avec Dominique Gerbaud, Reporters sans Frontières et Pierre Salignon directeur général de Médecins du Monde

Médecins du Monde

Bordeaux, 23 février: « La précarité vue par les médias », nouvelle conférence de l’association des Bruits de la Rue, jeudi 23 février à 18h à Bordeaux IV. (1) Ce sera un nouveau temps fort, un temps d’échanges et de débats autour d’une question dont on ne parle, au fond, que rarement à moins que ne surgisse par exemple une période de grand froid et que, mauvaise conscience aidant, les médias relaient le soudain empressement des pouvoirs publics.

« Les Bruits de la Rue » que préside Georges Viala, par ailleurs président de la Banque Alimentaire, ont d’abord sollicité un journaliste à la riche expérience professionnelle. Dominique Gerbaud a en effet exercé son métier, à la fois dans la presse régionale et nationale, à la Nouvelle République du Centre Ouest à Tours, au sein de l’hebdomadaire la Vie puis du quotidien La Croix dont il a été chef du service politique et le rédacteur en chef avant d’être porté, en 2009 à la présidence de Reporters sans Frontières, à un moment où d’autres décrochent, ce qui ne l’empêche pas au demeurant de pratiquer l’art d’être grand père. Epris de justice et de fraternité, cet homme de convictions a accepté, avec empressement, de venir les partager avec tous ceux qui croient que le rôle de l’information est essentiel dans la façon dont une société comme la nôtre rend compte de ce que l’on nomme « la précarité ». Etat des lieux donc, sans complaisance, mais ouvert sur l’avenir.

Et, l’implication de « Médecins du Monde » dans l’ »association des Bruits de la Rue aidant, son directeur général Pierre Salignon viendra apporter le témoignage d’une ONG dont le travail de terrain, au bénéfice des démunis, dépasse souvent tout ce que l’on peut imaginer. Et là, le rôle de l’information, la manière de communiquer ne comptent pas pour rien dans le travail et les missions de « Médecins du Monde ». Rendez vous ce 23 février pour un temps de réflexion vigoureux et prospectif qui s’inscrit dans la continuité des conférences de Serge Paugam, Guillaume Le Blanc et Jean Maisondieu.

1. Université Montesquieu, Bordeaux IV, 35 Place Pey Berland à Bordeaux, 23 février 18h, Amphithéâtre Léon Duguit.

L’enfer sur terre des drogués afghans

KABOUL – La température ne doit pas dépasser les – 5°C, pourtant l’homme gît sur la neige, immobile, bras et jambes nus. En état d’overdose, cet héroïnomane est sauvé in extremis par une équipe de Médecins du monde (MDM), qui tente d’adoucir l’enfer que vivent les drogués afghans.

La scène se déroule le long de la rivière Kaboul, à proximité du pont Pul-i-Sokhta, où se réunissaient jusqu’à peu les toxicomanes de la capitale afghane, qui y venaient par centaines. La police les en a chassés, condamnant ces victimes de la drogue à une vie d’errance, de désolation.

Beaucoup de personnes s’éteignent toujours près d’ici. Chaque matin, nous trouvons un ou deux cadavres, observe Abdul Raheem, de MDM. L’état général des hommes vus et interrogés par l’AFP laisse peu de doute quant à leur incapacité à survivre plusieurs rudes hivers afghans dans une telle indigence. Continuer la lecture

Afghanistan : Médecins du monde encourage les programmes de substitution à l’héroïne par la méthadone

Par RFI

L’Afghanistan, montré du doigt pour son rôle actif dans la production de drogue est aussi en passe de devenir l’un des principaux foyers de consommation d’héroïne. Plutôt que la répression et l’envoi forcé des toxicomanes dans des centres, Médecins du monde tente de démontrer aux autorités afghanes l’intérêt d’un programme de substitution par la méthadone.

[SOURCE]

Candidats aux présidentielles : n’ oubliez pas les exclus!

Les exclus de l’accès aux soins, oubliés de la campagne

Nul besoin de sondage pour savoir que la santé est l’un des sujets qui préoccupent le plus les Français. Et pourtant, ce thème est très rarement abordé dans les débats politiques. Alors que la France est entrée en campagne pour la présidentielle, l’analyse des prises de parole des principaux partis en lice pour les échéances électorales de 2012 fait peu de place à la santé, hormis sur les questions de financement de la sécurité sociale et de l’offre de soins.

A quelle raison imputer la relégation politique d’un thème qui passionne et inquiète autant les Français? A cette croyance longtemps entretenue – à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières – que la France disposait du meilleur système de santé au monde? C’est en tout cas ce que se plaisait à affirmer, en 2000, un classement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

De fait, on ne saurait nier que de réelles avancées en termes d’état de santé général ont été réalisées : ainsi, en un quart de siècle, les femmes et les hommes de 35 ans ont gagné respectivement 4,4 et 5 années d’espérance de vie. Mais au prix de quelles inégalités entre les catégories sociales? Aujourd’hui, une femme cadre de 35 ans peut espérer vivre 3 ans de plus en moyenne qu’une femme ouvrière du même âge. Un écart qui double pour les hommes.

Depuis 25 ans, Médecins du Monde a fait le choix en France de développer des programmes de soins et de prévention pour les personnes les plus fragiles et marginalisées au sein de notre société. Soigner les plus exclus et témoigner de leur état de santé: tels sont les deux objectifs que nous revendiquons. En 2011, la situation est préoccupante. Augmentation de 10% des consultations dans les centres de soin de Médecins du Monde, + 30% de mineurs entre 2008 et 2010 et seuls 23% des personnes que nous recevons ont un logement stable.

Pourtant des solutions existent. Lutter contre la machine inégalitaire n’est certes pas tâche aisée. Mais trois conditions sont au moins nécessaires :

  • Garantir un système de santé solidaire
  • Réaffirmer le primat des politiques de santé publique sur des politiques répressives
  • Renforcer les politiques de prévention

Dans les semaines à venir, nous allons continuer à témoigner au travers de situation concrète sur le terrain que l’état de santé des personnes les plus précaires est préoccupant, que l’accès aux soins se réduit, que de plus en plus d’entre nous renonce à se faire soigner pour des raisons financières, que la stigmatisation des populations Roms, des étrangers, des usagers de drogue sont autant de facteurs qui aggravent leur état de santé. Nous mettrons aussi en avant des solutions originales, expériences issues de notre pratique terrain depuis de nombreuses années auprès des personnes exclues.

Olivier Bernard et Pierre Salignon

Lutter contre les préjugés sur les migrants .

Partir, un droit universel
Quitter son pays est un droit édicté par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme.
Mais c’est aussi trop souvent une nécessité du fait des désordres du monde : guerres,
violation des droits fondamentaux, pauvreté extrême… Les hommes et les femmes qui
migrent affrontent avec courage les risques d’un voyage dangereux et les douleurs de
l’exil. Migrer demande des ressources et un minimum d’instruction : depuis les années
1990, la part de migrants qualifiés dans les flux internationaux a augmenté de 50%.
Un monde de sédentaires
Aujourd’hui, seulement 3,3% de la population mondiale ne réside pas dans son pays de
naissance. Ce taux est stable depuis 40 ans alors qu’au début du 20e siècle, un dixième
de la population vivait hors de son pays d’origine. S’il est vrai que les migrations vers les
pays occidentaux ont augmenté, elles restent minoritaires. Les migrations du Sud vers le
Nord représentent ainsi moins de 40% des migrations internationales.
Contrairement à une idée répandue les Africains représentent une part minime de ces
migrations. Seulement 3% d’entre eux vivent en dehors de leurs pays de naissance et
seulement 1% des Africains vivent en Europe !

La France n’est pas un pays d’immigration massive
Par rapport à d’autres pays occidentaux, la France n’est pas un pays d’immigration
massive. En 2008, les étrangers représentaient 8,4 % de sa population contre 13,7 %
pour les États-Unis ou 14,1 % pour l’Espagne. Alors que la France compte 5,2 millions
d’étrangers sur son territoire, ce sont près de 3 millions de Français qui actuellement
travaillent et vivent à l’étranger.

La régularisation des personnes en situation irrégulière, que l’on estime représenter
entre 0,3% et 0,6% de la population française, est souvent critiquée parce qu’elle
créerait un “appel d’air”, c’est-à-dire une incitation au départ pour d’autres migrants.
Or les politiques de lutte contre l’immigration ne peuvent véritablement ni encourager,
ni empêcher les migrations. Les migrants ne prennent pas la route en fonction des
politiques des pays d’accueil. Ce sont les situations politiques, économiques, sociales
ou écologiques des pays d’origine qui causent les départs.
Attention aux miroirs grossissants
Comment s’est donc diffusée dans notre société l’idée d’une arrivée massive de
migrants, si leur nombre n’a pas véritablement augmenté ? Continuer la lecture