D’une urgence à l’autre

Le président de Médecins du Monde et le coordinateur des missions France dressent un parallèle entre l’aide déployée à Haïti et le traitement des migrants sur le sol français.

« Le mardi 12 janvier dernier, un violent séisme frappait de plein fouet Haïti, un pays et une société déjà minés par la violence et la misère (lire tous nos articles ici). Après les premiers secours délivrés par les Haïtiens eux-mêmes, l’aide internationale, dont la coordination initiale reste toujours difficile lors d’une telle catastrophe, se déployait progressivement pour venir en aide aux sinistrés.

Face à ce désastre, le gouvernement français prenait des mesures exceptionnelles d’urgence pour les Haïtiens en situation irrégulière en France. Les expulsions de ces clandestins seraient reportées, l’évidence morale d’une telle mesure prenant le pas sur la stricte application de la loi.

Dans le même temps, il envoyait rapidement des équipes de secouristes, du matériel médical d’urgence et des biens de première nécessité tels que des rations alimentaires, couvertures et autres tentes pour proposer des soins et une mise à l’abri de ceux qui ont tout perdu.

En France, une semaine après la catastrophe, ce même gouvernement, sous couvert de lutte contre l’immigration clandestine et de contrôle des flux migratoires, ne faisait plus preuve de la même humanité. Le mardi 19 janvier, par arrêté préfectoral, près de 300 migrants de plusieurs nationalités étaient expulsés d’un local à Calais où ils avaient trouvé refuge depuis la mi-décembre, fin du plan grand froid oblige.

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L’urgence: à quel prix ?

Paru dans le Monde du 29 janvier.

Ce fut du jamais vu. Des amputations par milliers. A la chaîne. Bras, mains, doigts, jambes. Sans radio préalable. Parfois sans anesthésiques ni antalgiques. Le plus souvent à ciel ouvert. Ou sous le seul éclairage d’une lampe frontale. Il fallait aller vite ; des milliers de blessés attendaient, et chaque minute comptait. Il importait d’être efficace ; on craignait la gangrène ; on savait qu’il fallait libérer les places au plus vite ; on se disait qu’il n’y aurait pas de suivi postopératoire.
Alors, dans le chaos, dans l’improvisation vertigineuse des premiers jours sans grand loisir pour réfléchir, on a jugé que sauver la vie méritait bien de sacrifier un membre.
On a donc amputé. Certains, aujourd’hui, pensent qu’on est allé trop vite. Et qu’on a trop « coupé ». On ne le proclame pas, bien sûr. Qui oserait critiquer les équipes médicales venues de tant de pays ?
Mais quand on discute avec des médecins, des infirmières, des aides-soignants, le sujet est spontanément abordé, avec amertume, pour ne pas dire colère.

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Média et Urgence

Publié dans l’express.fr le 5 février.

Haïti a besoin d’aide !
Mr. Mattéi ne soyez pas étonné…J’ai contacté l’Ambassade de France à Port au Prince ainsi que des associations d’entraide pour venir apporter un appui sincère aux personnes endeuillées. A ce jour il est fort regrettable de constater que personne n’a pris contact avec moi ou répondu à mes courriers ! Il ne faut pas rêver que dans de telles conditions les dons auront du mal atteindre les personnes nécessiteuses.

Haïti a besoin d’aide…et vite Alors que les dons ont afflué très vite après le terrible séisme qui a ravagé l’île le 13 janvier dernier, la collecte s’est essoufflée. Jean-François Mattéi, président de la Croix- Rouge, regrette la baisse d’implication des médias, et appelle les Français à redoubler d’efforts.

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