Santé : en Europe, qui sont les bons élèves?

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Le système de santé français est « à bout de souffle », selon le président de l’ordre des médecins. Emmanuel Macron a promis des annonces d’ici l’été, mais le ministère de la Santé a exclu tout big-bang. Comment font les autres pays d’Europe? Cela marche-t-il mieux chez eux? Dans le rapport annuel de l’ONG Health Consumer Powerhouse (HCP) publié en janvier 2017, la France prend la 10e place du classement des meilleurs systèmes de santé européens. En tête, les Pays-Bas et la Suisse.

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Le modèle Etat providence

Au début des années 1940, le Britannique William Beveridge établit les bases de l’ »Etat providence ». Tous les citoyens se voient octroyer un égal accès aux soins dans les structures publiques de l’Etat grâce à une caisse centralisée financée par l’impôt. Toujours en vigueur outre-Manche, au Danemark, en Italie, en Espagne et en Irlande, le modèle souffre des coupes budgétaires après la crise de 2008. Le nombre de lits d’hôpitaux est aujourd’hui de 150.000 au Royaume-Uni, contre près

du double il y a trente ans. Les soins n’étant remboursés que dans les structures publiques, les hôpitaux urbains et ruraux suffoquent. Le « naufrage » de ce système fut un enjeu clé durant la campagne du Brexit en 2016. Les partisans du « leave » martelaient que les 350 millions de livres sterling octroyés au budget européen par le Royaume-Uni seraient réinjectés pour sauver le système national de santé. Une promesse de campagne à ce jour jamais réalisée.

Le modèle bismarckien

En France, en Allemagne, au Luxembourg ainsi qu’en Autriche, le système dit « bismarckien » domine, financé par les travailleurs grâce à des cotisations sociales indexées sur les salaires. Le principal avantage du modèle est de permettre à un Allemand de bénéficier d’un remboursement dans les structures publiques et privées. Erigé en modèle de réussite à travers le monde, les pays de l’ex-Union soviétique tentent aujourd’hui de s’en inspirer afin de rattraper leur retard en matière d’accès aux soins. C’est notamment le cas de l’Ukraine.

Le modèle néerlandais

Publié au mois de janvier pour l’année 2017, le rapport annuel de l’ONG Health Consumer Powerhouse (HCP) fait toutefois prendre quelques rides au modèle bismarckien. Pour la sixième année consécutive, les Pays-Bas occupent la tête des meilleurs systèmes de santé européens, suivis de la Suisse. La France n’occupe que la 10e place du classement. Ces deux pays ont pour particularité de fournir un

excellent réseau de services de proximité. Aux Pays-Bas, 160 centres de soins répartis sur l’intégralité du territoire sont ouverts sans discontinuer. Une organisation favorisée par la petite superficie du pays. Les réformes du système néerlandais sont dictées par un consortium de professionnels de la santé et de représentants de patients.

Dans ces pays où l’assurance maladie est assurée par des compagnies privées soumises à la concurrence, la santé a un coût : « Malgré des soins de qualité, les ménages suisses consacrent 5,3% de leurs dépenses totales pour payer les soins de leur poche. Le taux le plus élevé de l’OCDE, qui établit sa moyenne autour de 3% », rappelle Valérie Paris, économiste à l’OCDE. Une situation qui oblige 30% des assurés suisses à bénéficier d’une aide de l’Etat pour financer une mutuelle complémentaire. Les écarts d’accès aux soins sont, contrairement aux idées reçues, très prononcé sur le vieux continent. Dans un rapport de l’Observatoire de l’accès aux soins publié l’année dernière, Médecins du monde estime que plus de la moitié des Européens ne bénéficient d’aucune couverture sociale. Un frein à la pérennité des systèmes de santé.

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