Les ONG appellent le G20 à prêter l’oreille à la santé

Des cotons-tiges pour déboucher les oreilles des décideurs ! -
Alors que les ministres du Travail ou des Affaires sociales des pays du G20 étaient réunis ce lundi après-midi à Paris pour préparer le volet social du sommet de Cannes, Médecins du monde et Oxfam France les ont interpellés, via un happening, sur l’importance de la protection sociale. Cotons-tiges, consultations d’ORL gratuites, et ordonnances devant le ministère des Affaires étrangères, les ONG ont tout prévu pour qu’ils ne restent pas sourds à un thème jusqu’ici marginalisé.

LES PAYS du G20 doivent se déboucher les oreilles. Les organisations non-gouvernementales Médecins du monde (MDM) et Oxfam France ont pris au pied de la lettre l’image pour provoquer les dirigeants internationaux. « Notre message a du mal à être entendu, donc nous proposons des cotons tiges et des consultations ! », explique Nicolas Guihard, chargé de plaidoyer à MDM. Le message ? Mettre la couverture maladie gratuite pour les plus vulnérables au cœur des discussions entre les pays riches, qui ont tendance à faire la sourde oreille en privilégiant davantage la régulation des marchés et les équilibres macroéconomiques. « Nous souhaitons que le G20 s’engage concrètement pour l’émergence ou le renforcement d’un socle de protection sociale gratuite et ne se satisfasse plus seulement de déclarations d’intention », continue Nicolas Guihard.

Les ONG demandent aux dirigeants d’être pragmatiques et de s’appuyer sur des initiatives déjà en cours, comme la mise en place de la gratuité pour la santé des femmes et des enfants de moins de 5 ans dans plusieurs pays en voie de développement (Burkina Faso, Sénégal, Mali, Haïti…..). Au Niger, MDM estime que cette politique a permis, depuis 2006, de multiplier par 3 les cas de paludisme pris en charge et par 4 en ce qui concerne les diarrhées. Désormais, 85 % des femmes enceintes bénéficient d’un suivi de leur grossesse, contre 40 % en 2005, et les pathologies sont traitées à des stades précoces. Mais MDM souligne l’importance de soutenir financièrement et matériellement l’effort sanitaire. Sans l’aide des pays développés, et notamment de la France, l’État, qui accuse déjà 11 milliards de francs CFA d’arriérés, ne réussira pas à rembourser les structures de soins, ce qui mettrait le système en péril.

« La gratuité des soins primaires, pour les femmes et les enfants en bas âge, est estimée à 20 millions d’euros par an dans les pays en développement : il faut une réaffectation des budgets nationaux et un soutien international » rappelle Nicolas Guihard. « Il est temps que le G20 social s’intéresse à la santé, et pas seulement à l’emploi. »

› COLINE GARRÉ

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