La prostitution continuera dans des lieux moins accessibles

Initiateur de la mission « prostitution » au sein de l’association Médecin du monde à Poitiers, en 2004, Gérard Voyer connaît parfaitement ce monde de la nuit. Il est également membre du collectif l’Abri (Médecins du monde, CIDFF et le CCAS) et il est aussi à l’origine d’un système de maraude, tous les jeudis soir, pour aborder « plus humainement » les prostituées qui, depuis 10 ans, ont investi les trottoirs d’un seul axe à Poitiers ; de l’avenue de Paris jusqu’à la Pointe à Miteau. Quelques-unes se sont également installées au centre routier, zone de la République.
Selon lui, en 10 ans, la prostitution à Poitiers a beaucoup changé. « De quelques femmes aux abords de la gare, nous avons vu arriver des Camerounaises puis des jeunes femmes d’Afrique noire anglophone : Nigeria, Sierra Leone, Ghana notamment. Des réseaux commencent en Afrique avec des relais dans d’autres pays. Elles semblent d’ailleurs terrorisées par un «  contrat de sang  » passé avec des «  mamas  » et sont liées par une dette à honorer, pouvant aller jusqu’à 50.000 €. Cette organisation orchestrée par des femmes est redoutable. »
Pour ces bénévoles, l’important est « de faire de la prévention, de rendre de la dignité à ces femmes, de procurer de la chaleur humaine et surtout d’orienter suivant leurs besoins jusqu’à les aider à changer de vie ». Dans la perspective de l’application de la nouvelle loi, Gérard Voyer est inquiet. « Celles que nous suivons ne seront plus sur le boulevard. La prostitution va continuer dans des lieux moins accessibles pour nous. Dans la loi, le volet positif est l’aide qui pourra leur être apportée si elles veulent s’en sortir. »

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